16 - 18 Dec 2019

Foire Internationale de Casablanca (OFEC)

Le Maroc champion mondial des énergies renouvelables

Le Royaume est résolument engagé dans la transition énergétique. Tant et si bien que le Souverain a donné Ses Instructions en novembre dernier pour revoir à la hausse les objectifs du pays pour les énergies renouvelables fixés initialement à 52% du mix électrique national à l’horizon 2030. Des investissements conséquents estimés à plus de 30 milliards de dollars seront consentis pour hisser davantage le pays sur l’échiquier des énergies renouvelables et du développement durable. Après le complexe Noor Ouarzazate, le projet Noor Midelt propulsera à nouveau le Royaume au-devant de la scène.


Le Maroc montera encore en puissance dans les énergies renouvelables. Le Souverain a donné ses Instructions en novembre dernier pour revoir à la hausse les objectifs du pays fixés initialement à 52% du mix électrique national à l’horizon 2030. Selon les premières estimations, les investissements dans les énergies renouvelables devront ainsi dépasser les 30 milliards de dollars durant cette période. Le Royaume est confiant dans sa capacité à atteindre les nouveaux objectifs. Déjà à fin 2018, la part des énergies renouvelables s’élevait à environ 35% dans le mix électrique avec une capacité installée de 3.700 mégawatts (MW) sur un objectif de 42% fixé à horizon 2020.
Les différents projets développés ou en cours de réalisation sont soutenus par les principaux bailleurs de fonds à l’échelle mondiale ainsi que des acteurs publics et privés appartenant à plus de 12 pays, dont la France, l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.
C’est le solaire qui prend du galon, passant à 710,8 MW aujourd’hui, contre seulement 20 MW en 2010. Pour la filière solaire, le gain en puissance provient essentiellement de la mise en service des centrales 2, 3 et 4 du complexe Noor Ouarzazate. Le Maroc a marqué l’histoire en 2018 en mettant en service l’ensemble de ce complexe, le plus grand site de production solaire multitechnologique opérationnel au monde (580 MW). Noor Ouarzazate est également l’un des plus importants sites à l’échelle mondiale utilisant la technologie thermo-solaire-CSP (sur une capacité de 580 MW, 510 proviennent du CSP).
Tout le complexe Noor Ouarzazate produit suffisamment d’électricité pour plus d’un million de foyers en réduisant la dépendance énergétique du pays d’environ 2,5 millions de tonnes de pétrole et ses émissions de carbone de 760.000 tonnes par an. Outre Noor Ouarzazate, le solaire est marqué par l’entrée en exploitation commerciale de Noor Laâyoune (85 MW) et de Noor Boujdour (20 MW).
Pour l’éolien, la puissance s’est également renforcée à 1.220 MW. Cette évolution est essentiellement attribuée aux projets réalisés dans le cadre de la loi 13-09 relative aux énergies renouvelables, qui a permis l’ouverture au secteur privé du marché de la production et de la commercialisation d’électricité produite à partir de l’énergie renouvelable. Dans l’hydraulique, la capacité installée demeure la plus importante pour les sources renouvelables, soit 1.770 MW actuellement.
Cette performance dans les énergies renouvelables est attribuée à la stratégie énergétique ambitieuse adoptée en 2009 sous les Hautes Orientations du Souverain. Une stratégie qui se veut favorable au développement des énergies durables. Le but étant de sécuriser l’approvisionnement et de généraliser l’accès à des prix optimisés tout en atténuant les émissions de gaz à effet de serre, dans un contexte de forte dépendance énergétique à l’importation et de l’augmentation de la demande (la consommation électrique augmente en moyenne de 6% par an). En 2007, le secteur énergétique affichait un déficit de capacité de 900 MW. Suite à cette stratégie, des plans sectoriels ont été élaborés, dont le plan solaire Noor, le programme éolien intégré ainsi que les projets du renforcement de l’hydroélectricité.
Ces différents programmes sont désormais sous le giron de l’Agence marocaine pour l’énergie durable (Masen), le groupe chargé de piloter les énergies renouvelables au Maroc, en concertation avec les autres principaux acteurs, notamment l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE). La mise en œuvre de ces différents programmes se poursuit. Cet objectif d’augmenter la part des énergies renouvelables à plus de 52% dans le mix électrique à l’horizon 2030 nécessite le développement d’une capacité supplémentaire de plus de 10 GW (gigawatts). Plus précisément, d’ici 2030, la capacité additionnelle à réaliser porte sur 4.560 MW pour le solaire (20% du mix électrique), 4.200 MW pour l’éolien (20% du bouquet) et 1.330 MW pour l’hydraulique (12% de la capacité totale).
Dans le solaire, les projets en développement portent notamment sur Noor Midelt I, en cours de construction pour une capacité de 800 MW (CSP+PV), ainsi que Noor Midelt II, dont l’appel à préqualification vient d’être lancé. Masen planche aussi sur la deuxième phase du programme 100% photovoltaïque : Noor PV II. Ce projet sera doté d’une capacité de plus de 800 MW, répartis sur plusieurs sites de différentes régions du pays. S’ajoute le programme PV initié par l’ONEE : Noor Tafilalet (120 MW), Noor Atlas (200 MW) et Noor Argana (200 MW). Dans l’éolien, le Maroc développe actuellement le projet intégré (1.000 MW) en 2 phases. La première porte sur le parc de Taza (150 MW). La seconde est composée de cinq parcs éoliens (850 MW) répartis sur plusieurs régions : Tanger II (100 MW), Jbel Lahdid (200 MW), Midelt (150 à 180 MW), Tiskrad (300 MW) et Boujdour (100 MW). Masen planche également sur le repowering du parc éolien de Koudia Al Baida (120 MW).

Pour ce qui est de l’énergie hydro-électrique, la nouvelle station de transfert d’énergie par pompage (STEP) Abdelmoumen (350 MW - région d’Agadir) est en cours de développement pour une mise en service en 2020. Le Maroc est donc résolument engagé dans la transition énergétique, tout en réduisant le taux de dépendance de 98% en 2008 à environ 93% actuellement.
Pour accompagner la montée en puissance des énergies renouvelables, le Maroc développe aussi des interconnexions électriques avec l’Europe et l’Afrique dans le cadre de l’intégration régionale. L’État travaille aussi sur le développement de l’industrie locale. Un taux d’intégration minimum est prévu dans les cahiers des charges des différents programmes solaires et éoliens développés par Masen et l’ONEE. De même, Tanger abrite une usine de fabrication de pâles éoliennes pour les marchés local, africain et européen. Le Royaume développe, en outre, des infrastructures de R&D en énergies renouvelables et efficacité énergétique, comme le «Green Energy Park» à Benguerir, réalisé par l’IRESEN (Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles), ainsi que des Instituts de formation aux métiers des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (IFMEREE). Tous ces chantiers sont accompagnés par l’amélioration du cadre législatif et réglementaire régissant les énergies renouvelables pour tenir compte de l’évolution du secteur à l’échelle nationale et internationale. 


Plan solaire Noor Midelt, un géant mondial avec 1.600 MW

Après Noor Ouarzazate (580 mégawatts-MW), le Maroc devra de nouveau marquer l’histoire avec Noor Midelt. Le projet, qui représente une étape majeure vers l’objectif du Royaume en sources renouvelables d’ici à 2030, sera réalisé en 2 à 3 phases. Le pays envisage de faire de Noor Midelt le plus grand complexe solaire multitechnologique au monde avec une capacité de 1.600 MW. La première phase «Noor Midelt I», en cours de réalisation, vise une puissance installée de 800 MW en une seule centrale, sur la base du solaire hybride associant de manière innovante deux technologies : l’énergie solaire concentrée (CSP) et le solaire photovoltaïque. Le mode d’hybridation de ces technologies constitue une première mondiale. Cette hybridation innovante permettra non seulement d’améliorer le rendement de la centrale, mais aussi d’optimiser le prix du kilowattheure (kWh). Ainsi, un tarif encore plus compétitif, de 0,68 dirham le kWh en heure de pointe, a été obtenu, suite à un appel d’offres international.
Le processus s’accélère. Masen vient ainsi de lancer l’appel à préqualification relatif à la deuxième centrale. Noor Midelt II mettra en compétition l’ensemble des technologies solaires avec stockage matures, afin d’améliorer davantage les rendements et les coûts du projet. Masen cible pour Noor Midelt II une puissance stable injectée dans le réseau de 190 MW pendant les heures de pointe et 230 MW en journée.


Source: https://lematin.ma/journal/2019/maroc-champion-mondial-energies-renouvelables/320246.html